Notre cerveau cherche toujours un problème

Notre cerveau cherche toujours un problème

9/2/2026 · 13:45
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Description of Notre cerveau cherche toujours un problème

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Transcription de l’épisode :

Salut à tous, et bienvenue dans ce nouvel épisode de Marchez avec Johan. Alors, je vérifie : est-ce que tout enregistre bien ? Ouais, c’est bon ! Merci de me rejoindre aujourd’hui pour cet épisode de développement personnel. Je te parle comme si tu marchais à côté de moi, comme si nous étions en promenade tous les deux. Et je vais partager avec toi un certain nombre de pensées, de réflexions qui, je l’espère, s’appliqueront à ta vie et pourront peut-être t’aider d’une manière ou d’une autre. C’est en tout cas ce que j’espère. En tout cas, moi, ce type de réflexion, ce type de pensée m’a toujours beaucoup aidé. Alors, j’ai fait une observation.

C’était il y a… En fait, cette observation, je l’ai faite il y a à peu près un an. Et depuis, en fait, elle s’est vérifiée à plusieurs reprises, et c’est pour ça que je voulais la partager avec toi, parce que souvent, en fait, ça m’aide au moment où j’allais dire « ce problème », c’est pas vraiment un problème, mais où je rencontre de nouveau ce phénomène, et bien, je vais avoir tendance à me dire : « Ah, oui, tiens, c’est du déjà vu », je comprends d’où ça vient, et du coup, ça m’aide à agir en conséquence.

Déjà, ce que j’ai vu, c’est que nos problèmes, ou les choses sur lesquelles on se focalise, les choses négatives qui créent de l’anxiété, elles restent rarement les mêmes ; souvent, en général, là, je parle évidemment des petits soucis, pas des drames de la vie ; il est évident que quand on rencontre un événement majeur, du type « j’ai perdu mon papa » l’été 2023, il est évident que ça ne rentre pas dans cette catégorie ; ces problèmes majeurs, on a besoin de temps pour les digérer et pour faire en sorte d’aller mieux ; mais souvent, quand on parle des petits soucis, des petits problèmes, des petits tracas, on voit que tu as un souci qui apparaît, ensuite il disparaît, et quelques temps plus tard, parfois quelques heures plus tard, tu as un nouveau souci qui prend sa place ; c’est un peu comme si notre cerveau avait besoin de trouver quelque chose qui mérite son attention, voire qui mérite son inquiétude.

Et moi, je l’ai vu, en fait, j’ai eu un grand déclic là-dessus il y a à peu près un an, l’été dernier, puisque j’avais démarré l’été un peu stressé, notamment parce que j’étais débordé à cette période, j’avais beaucoup, beaucoup de travail, et je ne me sentais pas très bien ; donc, je passais pas mal de temps à marcher, à réfléchir, à respirer, à essayer de résoudre les problèmes, et je ressentais quand même une certaine anxiété de fond ; et puis, d’un coup, j’ai eu un petit problème familial, alors c’était pas dans mon cercle numéro 1, ma femme et mes enfants, mais j’ai eu un problème familial assez important, assez stressant ; et, comme un claquement de doigts, comme par magie, ce nouveau souci a complètement effacé le reste ; c’est-à-dire que ce qui me stressait, ce qui me rendait anxieux avant, avait disparu ; je ne ressentais plus du tout d’anxiété, de stress par rapport à ce problème d’être débordé, de manquer de temps, d’avoir trop de responsabilités ; ça s’était disparu instantanément, et ce nouveau souci avait pris la place ; et ensuite, ce souci familial s’est résolu, et d’autres choses sont revenues.

Et du coup, je me suis demandé : est-ce que notre cerveau n’est pas un peu constamment en train de scanner notre vie, de scanner ce qui se passe, et de rechercher ce qui pourrait poser problème, un peu comme un radar sur les avions, sur les bateaux, ou sur les hélicoptères, sur tous les appareils ou tous les moyens de locomotion, il y a des radars pour repérer ce qu’il y a autour ; est-ce que notre cerveau ne serait pas lui aussi comme un radar à rechercher les problèmes, les difficultés, et à les classer, à les hiérarchiser, à les classer du plus critique au moins critique, et dire : « Bon, maintenant, tu vas mettre ton attention sur le problème le plus grave, le plus important » ? Et bien sûr, c’est probablement quelque chose qui est hérité de l’évolution et qui est utile pour notre survie en tant qu’être humain ; mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment pertinent et utile pour notre bonheur.

Parce que finalement, ça, ça pose un grand danger. C’est celui de ne jamais être en paix, finalement. Parce que dès qu’un problème disparaît, nous, on a tendance à se dire « Ah, enfin, ce problème est résolu, ce souci disparaît, je vais être tranquille, je vais avoir la paix d’esprit. »

Mais souvent, tu as un autre sujet qui revient à sa place. Et parfois même, et ça, je l’ai observé au cours de cette année, après avoir réalisé ce phénomène dont je te parlais, c’est que même quand tout va bien, même si tu es là, il n’y a aucun problème dans ta vie, tu es bien dans ton travail, tu es en bonne santé, ta famille aussi, tu n’as pas de problème, mais tu passes un dimanche un peu ennuyeux, où tu n’as pas grand-chose à faire, la météo n’est pas super belle, et bien, ton esprit, il est capable de trouver un problème qui n’était pas vraiment un problème, il est capable de créer une inquiétude qui finalement n’est pas très rationnelle, n’est pas très importante pour ta vie.

Il est capable d’anticiper quelque chose, de créer un scénario, de créer une histoire, de créer un film, de raconter une sorte d’histoire qui n’est pas tout à fait vraie et d’amener une question stressante qui n’avait pas du tout besoin d’être posée. Et c’est là qu’un dimanche qui avait tout pour être beau devient un dimanche pendant lequel tu stresses, tu es anxieux et tu te crées des films. Je dis « tu », mais évidemment, ça m’est déjà arrivé aussi.

Et ce danger que je viens d’exprimer, il peut avoir des répercussions très importantes sur nos vies. Tu imagines, tu passes une belle journée en famille, tu es tranquille, tout va bien, et d’un coup, ton cerveau, ton radar, il commence à penser à un petit problème au travail, un petit problème dans tes finances, un petit problème dans ta santé ou celle d’un de tes proches, un projet futur mais qui ne démarrera que dans quelques années, comme s’il avait du mal à profiter de l’instant présent, du moment joli que tu es en train de passer avec ta famille, et qui lui, pour le coup, c’est la réalité, la seule réalité qu’on a, c’est le présent.

Et pourtant, on est souvent tiraillé entre le passé, les regrets du passé, le stress du futur. C’est ce que le philosophe néerlandais Spinoza, Baruch Spinoza, appelait les passions tristes. Donc, on est tout le temps tiraillé vers le passé et le futur, alors que la seule réalité qui est le présent, on va l’ignorer.

Donc, du coup, à quoi ça sert ? Une fois qu’on a fait ce constat, j’imagine que, dans ta vie, tu as déjà rencontré ce type de situation.

Qu’est-ce qu’on peut faire ? Déjà, moi, à titre personnel, j’essaie de réaliser qu’en fait, une vie sans problème, sans tracas, sans souci, c’est impossible, parce qu’un des grands problèmes, c’est de se dire : « Bon, je vais régler ce souci, je vais régler cette anxiété », et après, tout ira bien, mais ça, c’est malheureusement – enfin, je sais pas si c’est malheureux ou pas – mais en tout cas, c’est pas réaliste : une vie sans souci n’existe pas. Donc, déjà, accepter que ce jour de pleine paix n’arrivera pas, n’arrivera jamais, ou en tout cas, pas dans cette vie, pas en tant qu’être humain sur cette terre. Pour le reste, chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais en tout cas, en tant qu’être humain, jusqu’à notre mort, ça n’arrivera jamais.

Et du coup, moi, j’utilise ce radar, mais un peu comme un signal aussi, quand je sens que mon esprit commence à fabriquer une nouvelle inquiétude, tu vois. J’observe et je me dis : « Mais attends, là, c’est pas rationnel, c’est pas un vrai problème, ça peut attendre », et du coup, cette anxiété, ce stress, il va perdre en force, et du coup, ça fait beaucoup de « du coup » – je donne beaucoup de conséquences – mais le fait d’avoir fait ça, ça permet de profiter davantage de l’instant présent, du repas que je prends avec ma famille, de la promenade que je fais seul ou avec Céline, ou avec les enfants, d’une discussion profonde avec un de mes enfants, d’un moment de calme, d’un moment de lecture, sans, tu vois, autoriser mon cerveau à aller rechercher le prochain problème, et ça, c’est quand même quelque chose de formidable. Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais je pense que, comme tout, toutes les compétences, ça demande juste un peu de pratique, et on peut tous s’améliorer en ce sens.

Alors, bien sûr, dans la vie, tout n’est pas tout noir ou tout blanc, il y a des nuances, et ça ne veut pas dire qu’il faut arrêter de préparer l’avenir, ça ne veut pas dire qu’il faut ignorer les difficultés, ça ne veut pas dire qu’il faut juste vivre au jour le jour, non, il faut évidemment se préparer, préparer l’avenir, mais pas en permanence. Il y a un moment pour tout, en fait, il y a un moment pour tout, et moi, quand j’ai ces pensées, je me demande toujours : « Est-ce que ce problème mérite mon attention maintenant ? Oui ou non ? » Si ça mérite mon attention maintenant, bien sûr que je vais régler le problème. Quand j’étais à Zurich avec Alberto, j’ai eu un petit problème administratif, j’ai eu le message sur mon téléphone, j’ai dit à Alberto, mon ami : « Je vais régler ce problème maintenant », et j’ai réglé le problème dans la journée. Donc, oui, parfois, c’est le cas. Mais 9 fois sur 10, quand je me dis : « Est-ce que ça doit être réglé maintenant ? », la réponse est non.

Donc, je remets à plus tard. Il y avait un livre très intéressant que j’ai lu il y a quelques années, qui s’appelait « Procrastinate on Purpose ». Je l’ai lu en anglais. En gros, ça veut dire « remets à plus tard », mais d’une manière voulue.

Contrairement à cela, parce qu’on voit toujours la procrastination, le fait de remettre à plus tard, comme une faiblesse.

On se dira : tu n’as aucune volonté, tu n’as aucune discipline, parce que tu remets à plus tard. Ça, c’est vrai pour des choses qui sont utiles. Si, par exemple, je dois travailler, mais que je ne travaille pas et que je remets à plus tard, là, effectivement, c’est de la procrastination qui n’est pas productive.

Par contre, parfois, il faut procrastiner, remettre à plus tard, mais d’une manière tout à fait logique et rationnelle. Donc, 9 fois sur 10, quand j’ai un problème, je vais le noter ; j’ouvre mon téléphone, j’ouvre Note, l’application Note, je marque « penser à tel problème », et rien que le fait de le sortir de ma tête, de reconnaître que je n’ai pas à régler ce souci maintenant, et de le sécuriser dans mes notes pour être sûr que, quand j’aurai le temps, quand ce sera le moment, je pourrai le régler, et bien, ça m’aide beaucoup.

Donc, tu vois, je pense vraiment que notre bonheur, notre paix d’esprit, elle dépend beaucoup plus de notre capacité à maîtriser nos pensées qu’à la disparition totale de nos problèmes, parce qu’il y aura toujours un problème pour en remplacer un autre, et même quand il n’y a pas vraiment de problème, notre radar est là pour en trouver. Donc, la vraie paix, à mon sens, c’est d’apprendre à vivre malgré les problèmes, sans oublier de profiter du moment présent.

Donc, j’espère que ça t’a aidé, que tu te reconnais dans un certain nombre de choses que j’ai partagées aujourd’hui. Si tu ne veux pas manquer les prochains contenus de Français Authentique, je t’invite à télécharger notre application mobile gratuite ; on va te mettre le lien dans la description : c’est françaisauthentique.com/am, comme application mobile. C’est une application totalement gratuite ; on l’a remise complètement à jour l’année dernière pour qu’elle soit plus rapide, plus utile, et tu y retrouveras tous nos contenus sans aucune distraction.

Merci de m’avoir suivi aujourd’hui, et je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode de  Marchez avec Johan. Salut.

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