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Aujourd'hui, Myriam Joly, fondatrice de Missègle, nous reçoit chez elle, dans le Tarn, dans l'atelier où sont fabriqués à partir de fibres naturelles ses chaussettes et ses pulls. À l'origine de la filière de laine mohair made in France, Myriam est pour nous une Wonder Woman qui malgré les difficultés protège les savoir-faire textiles de sa région avec passion et conviction. Découvrez notre conversation avec Myriam, une femme d'action exceptionnelle, intègre et lauréate du trophée national de l'association Femmes Chefs d'Entreprises. Bonne écoute !
1. QUICK BIO
Myriam Joly sort de l’école d’ingénieurs agricoles de PURPAN à Toulouse en 1983. Dès le début, elle a envie de « s’installer en agriculture avec une production de fibre mohair ». N’existant pas d’élevage de chèvres angoras en France, elle part au Texas en chercher une quarantaine. Elle vend ensuite la laine brute en direct.
En 1985, elle monte avec d'autres éleveurs une petite filière de transformation du mohair Made in France. Avec l'aide d'industriels locaux, ils produisent des pelotes de laine, des couvertures et d'autres pie?ces tisse?es et tricote?es qu'ils revendent en direct.
En 1994, Myriam fonde Missègle et se lance dans la vente par correspondance d'accessoires tissés et tricotés à partir de fibres naturelles — mohair, laine me?rinos, cachemire, alpaga, duvet de yack, soie, coton peigne? longues fibres — dont une petite provient du troupeau originel. 4.
En 2007, un de ses fournisseurs fait faillite. Elle se demande si elle doit laisser tomber le savoir-faire ou continuer à se battre : le choix est vite fait ! Elle relance l’entreprise et devient cheffe d’entreprise textile. Persuadée que l’industrialisation reviendrait en France, elle reprend les métiers à tricoter.
Ses valeurs sont fortes et son combat l’est d’autant plus : sauvegarder les savoir-faire textiles et les métiers traditionnels. Cependant, les obstacles sont omniprésents.
« L’industrie textile, si elle développe autant de produits synthétiques, c’est parce qu’il y a une histoire de coût mais aussi une histoire d’industriabilité. C’est beaucoup plus facile de travailler des matières synthétiques que des matières naturelles, parce qu’elles sont toujours différentes, elles vont réagir différemment, on va avoir des histoires de retraits, de couleurs, de battus, plein de problèmes parce que c’est de la matière vivante, et c’est différent. C’est compliqué à travailler. »
« Il manque des pans entiers de l’industrie textile en France : il manque le lavage et le peignage, qu’on est obligé de faire en Italie. »
« Par contre, on n’a pas de teinturier qui soit Öko-Tex en France, et tout simplement, en bon français, on a une réglementation européenne et on a mis trois étages de plus. Les réglementations qui ont été mises en France pour avoir Öko-Tex sont supérieures aux réglementations qu’ont les italiens. En fait, ça coûte une blinde de faire une réglementation Öko-Tex. Nous, on travaille avec deux teinturiers, les deux pourraient avoir Öko-Tex, parce que les produits qu’ils utilisent seraient tout à fait éligibles pour être Öko-Tex mais cela leur coûte trop cher de demander la certification ».
De plus, pour pérenniser ces métiers traditionnels, il y a une question de succession. Pour attirer les jeunes vers ces métiers-là, « on a un effort à faire connaître ce que l’on fait, à faire partager la passion de ce que l’on fait. »
Aujourd’hui, Missègle représente 30 personnes en CDI, et il y a 7 ou 8 personnes qui travaillent la moitié de l’année. Missègle vend uniquement en direct. Quant à l’atelier de production, il produit à 70% pour Missègle et 30% pour d’autres marques.
« Il y a une volonté de ma part de garder une place pour d’autres dans notre atelier. Je pense que c’est indispensable pour nous d’être en lien avec des gens qui vont travailler différemment, aborder la mode d’une autre manière que nous. Moi je ne suis pas du tout une modeuse, la mode, ce n’est pas du tout mon histoire. Ce qui m’intéresse ce sont les matières, l’entreprise et la vente directe de produit que l’on a fabriqué. »
« Dans les 30%, il y a des entreprises avec lesquelles il faut qu’il y ait une rencontre, des gens avec qui on partage des valeurs et avec qui on partage quelque chose de fort. »
Ce qui anime Myriam, c’est le plaisir de faire tourner une entreprise, le plaisir de créer un espace où l'on peut mettre ses valeurs en application. Selon elle, pour être une entreprise la plus transparente et sustainable possible, il faut être en accord avec soi-même.
2. SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE
1:14 Myriam se présente et revient sur son parcours.
24:40 Les matières utilisées, ce qui l’anime, comment faire la marque la plus honnête du monde.
34:12 Tour de l’atelier et explications sur leur fonctionnement.
48:41 Les jeunes et leur rapport au travail artisanal, les gens qui se battent pour sauvegarder l’artisanat.
3. CITATIONS
« Il y a une volonté de ma part de garder une place pour d’autres dans notre atelier. Je pense que c’est indispensable pour nous d’être en lien avec des gens qui vont travailler différemment, aborder la mode d’une autre manière que nous. Moi je ne suis pas du tout une modeuse, la mode, ce n’est pas du tout mon histoire. Ce qui m’intéresse ce sont les matières, l’entreprise et la vente directe de produit que l’on a fabriqué. »
« L’atelier de production produit à 70% pour Missègle et 30% pour d’autres marques. Dans les 30%, il y a des entreprises avec lesquelles il faut qu’il y ait une rencontre, des gens avec qui on partage des valeurs et avec qui on partage quelque chose de fort. »
« L’industrie textile, si elle développe autant de produits synthétiques, c’est parce qu’il y a une histoire de coût mais aussi une histoire d’industriabilité. C’est beaucoup plus facile de travailler des matières synthétiques que des matières naturelles, parce qu’elles sont toujours différentes, elles vont réagir différemment, on va avoir des histoires de retraits, de couleurs, de battus, plein de problèmes parce que c’est de la matière vivante, et c’est différent. C’est compliqué à travailler. »
« Il manque des pans entiers de l’industrie textile en France : il manque le lavage et le peignage, qu’on est obligé de faire en Italie. »
« En France et en Europe, on a des réglementations extrêmement strictes qui s’appellent réglementation REACH sur tous ces produits, et tous les teinturiers en France travaillent dans ces conditions-là et dans ce cadre-là. On a vraiment une garantie que les choses sont faites dans de très bonnes conditions. »
« Par contre, on n’a pas de teinturier qui soit Öko-Tex en France, et tout simplement, en bon français, on a une réglementation européenne et on a mis trois étages de plus. Les réglementations qui ont été mises en France pour avoir Öko-Tex sont supérieures aux réglementations qu’ont les italiens. En fait, ça coûte une blinde de faire une réglementation Öko-Tex. Nous, on travaille avec deux teinturiers, les deux pourraient avoir Öko-Tex, parce que les produits qu’ils utilisent seraient tout à fait éligibles pour être Öko-Tex mais cela leur coute trop cher de demander la certification ».
« Quand on voit comment l’Italie a su préserver leur industrie, il y a quand même pas mal de questions à se poser. Pourquoi est-ce qu’on se met des réglementations supérieures à celles qu’ont les autres, est-ce que la réglementation de base n’était pas suffisante ? Je crois qu’on a toujours une capacité à faire de l’administratif plus plus plus, et donc qui rendent toutes choses toujours plus compliquées. Après, je pense qu’il y a quelque chose certainement à creuser dans l’histoire des transmissions, successions, depuis, il y a des choses qui ont été faites, avec la loi Dutreil, il y a quand même des choses qui ont été faites, mais quand je vois tous les gens avec qui on travaille en Italie, ce sont des familles, donc ça veut dire, ce n’est pas des capitaux extérieurs, ce sont des gens qui ont gardé des entreprises avec 800, 1000 salariés, ce n’est pas des petites entreprises mais qui sont familiales. En France, on ne connait pas ça, très peu. »
« Ce que cherche le consommateur, c’est l’attachement à l’humain et à la nature, c’est-à-dire, la protection de l’environnement au maximum, c’est autant que faire se peut, que les choses soient faites proprement, sainement et en respectant les Hommes. »
« On a été attaqué, la PETA a attaqué, sur le reportage des chèvres mohairs, les grandes marques ont utilisées en disant « n’achetez plus de mohair ». En réalité, elles en consomment très peu parce que c’est une matière chère, elles avaient décidé de ne plus en acheter donc elles ont utilisé cet argument. C’était très choquant quand on connait l’histoire parce que pour la Rana Plaza, les 110 personnes qui sont mortes écrasées sous les trucs, elles n’ont pas fait de bruits, et elles continuent à faire fabriquer en Ethiopie maintenant dans des conditions où les humains sont traités pires que les chèvres qu’on voyait dans le reportage. Sans compter que, pour nous éleveurs, de voir ces images, la manière dont elles étaient montées c’était très choquant pour pleins de raisons. C’était vraiment un reportage à charge et c’était très malhonnête de faire des choses comme ça mais bon, on sait la force des médias et on sait comme c’est facile de mettre cote à cote des images et de faire passer une idée, qui n’est pas une idée juste. Par contre, l’utilisation par les grandes marques, c’était H&M, Zara, ça s’est scandaleux, ça devrait être dénoncé beaucoup plus. »
« On a un effort à faire connaître ce que l’on fait, à faire partager la passion de ce que l’on fait. »
4. RÉFÉRENCES
Missègle
Fondation Hermès
Matali Crasset
Episode Baserange
Ardelaine
Laines paysannes
REACH
Öko-Tex
Pierre Fabre
Rana Plaza