Robert Werner lit les poètes
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Robert Werner lit les poètes

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.

Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.

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Paris, Louis Amade - Bonjour Paris, Francis Carco - Sur Paris, Paul Scarron

Bonjour, Paris - Francis CarcoC’est toujours la même chanson,O mon amour, que je fredonne :Tout ce que j’ai, je te le donne,Nos cœurs battent à l’unisson.Sur les quais, le long de la Seine,À Montmartre, près des moulins,Mes souvenirs entrent en scène :Bonjour, Paris des assassins !Bonjour, Paris des midinettes,Des filles, des mauvais garçons,Des bistrots et des bals-musettes !Si je te dois d’être poète,C’est sur un air d’accordéon.
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À Mme du Châtelet, Voltaire

Si vous voulez que j’aime encore,Rendez-moi l’âge des amours ;Au crépuscule de mes joursRejoignez, s’il se peut, l’aurore.Des beaux lieux où le dieu du vinAvec l’Amour tient son empire,Le Temps, qui me prend par la main,M’avertit que je me retire.De son inflexible rigueurTirons au moins quelque avantage.Qui n’a pas l’esprit de son âge,De son âge a tout le malheur.Laissons à la belle jeunesseSes folâtres emportements.Nous ne vivons que deux moments :Qu’il en soit un pour la sagesse.Quoi ! pour toujours vous me fuyez,Tendresse, illusion, folie,Dons du ciel, qui me consoliezDes amertumes de la vie !On meurt deux fois, je le vois bien :Cesser d’aimer et d’être aimable,C’est une mort insupportable ;Cesser de vivre, ce n’est rien. »Ainsi je déplorais la perteDes erreurs de mes premiers ans ;Et mon âme, aux désirs ouverte,Regrettait ses égarements.Du ciel alors daignant descendre,L’Amitié vint à mon secours ;Elle était peut-être aussi tendre,Mais moins vive que les Amours.Touché de sa beauté nouvelle,Et de sa lumière éclairé,Je la suivis; mais je pleuraiDe ne pouvoir plus suivre qu’elle.
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Stances galantes, Molière - Stances à Marquise, Pierre Corneille

Stances galantes, MolièreSouffrez qu'Amour cette nuit vous réveille ;Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;Vous dormez trop, adorable merveille,Car c'est dormir que de ne point aimer.Ne craignez rien ; dans l'amoureux empireLe mal n'est pas si grand que l'on le faitEt, lorsqu'on aime et que le coeur soupire,Son propre mal souvent le satisfait.Le mal d'aimer, c'est de vouloir le taire :Pour l'éviter, parlez en ma faveur.Amour le veut, n'en faites point mystère.Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !Peut-on souffrir une plus douce peine ?Peut-on subir une plus douce loi ?Qu'étant des coeurs la douce souveraine,Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;Rendez-vous donc, ô divine Amarante !Soumettez-vous aux volontés d'Amour ;Aimez pendant que vous êtes charmante,Car le temps passe et n'a point de retour.
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Le long du quai, Sully Prudhomme - Les Effarés, Arthur Rimbaud - Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire

Le long du quai, Sully PrudhommeLe long des quais les grands vaisseaux,Que la houle incline en silence,Ne prennent pas garde aux berceauxQue la main des femmes balance.Mais viendra le jour des adieux ;Car il faut que les femmes pleurentEt que les hommes curieuxTentent les horizons qui leurrent.Et ce jour-là les grands vaisseaux,Fuyant le port qui diminue,Sentent leur masse retenuePar l’âme des lointains berceaux.
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Le long du quai, Sully Prudhomme - Les Effarés, Arthur Rimbaud - Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire

Le long du quai, Sully PrudhommeLe long des quais les grands vaisseaux,Que la houle incline en silence,Ne prennent pas garde aux berceauxQue la main des femmes balance.Mais viendra le jour des adieux ;Car il faut que les femmes pleurentEt que les hommes curieuxTentent les horizons qui leurrent.Et ce jour-là les grands vaisseaux,Fuyant le port qui diminue,Sentent leur masse retenuePar l’âme des lointains berceaux.
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Elle était déchaussée - Pour Jeanne seule, Victor Hugo

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;Moi, qui passais par là, je crus voir une fée,Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?Elle me regarda de ce regard suprêmeQui reste à la beauté quand nous en triomphons,Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l’on aime,Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive,Elle me regarda pour la première fois,Et la belle folâtre alors devint pensive.Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !Comme l’eau caressait doucement le rivage !Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,La belle fille heureuse, effarée et sauvage,Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.Elle était déchaussée, Victor Hugo
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Réponse, Charles Cros - Il pleure dans mon cœur, Paul Verlaine

Réponse - Charles CrosCe que je te suis te donne du doute ?Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.Et loin que je sois maître de tes voeux,C'est toi qui conduis mon rêve où tu veuxAvec la beauté du ciel, en toi vibreUn rhythme fatal ; car mon âme librePasse de la joie aux âpres soucisSelon que le veut l'arc de tes sourcils.Que j'aye ton coeur ou que tu me l'ôtes,Je te bénirai dans des rimes hautes,Je me souviendrai qu'un jour je te plusEt que je n'ai rien à vouloir de plus. Il pleure dans mon cœur - Paul Verlaine Il pleure dans mon coeurComme il pleut sur la ville ;Quelle est cette langueurQui pénètre mon coeur ?Ô bruit doux de la pluiePar terre et sur les toits !Pour un coeur qui s’ennuie,Ô le chant de la pluie !Il pleure sans raisonDans ce coeur qui s’écoeure.Quoi ! nulle trahison ?…Ce deuil est sans raison.C’est bien la pire peineDe ne savoir pourquoiSans amour et sans haineMon coeur a tant de peine !
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Le jour à peine écrit, Claude Esteban - Maintenant, Eugène Guillevic

Le jour à peine écrit, Claude Esteban - Maintenant, Eugène Guillevic
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Roses de juin, vous les plus belles, Emile Verhaeren - La cueillette, Guillaume Apollinaire

Roses de juin, vous les plus bellesRoses de juin, vous les plus belles,Avec vos coeurs de soleil transpercés ;Roses violentes et tranquilles, et tellesQu’un vol léger d’oiseaux sur les branches posés ;Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,Bouches, baisers qui tout à coup s’émeuventOu s’apaisent, au va-et-vient du vent,Caresse d’ombre et d’or, sur le jardin mouvant ;Roses d’ardeur muette et de volonté douce,Roses de volupté en vos gaines de mousse,Vous qui passez les jours du plein étéA vous aimer, dans la clarté ;Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos rosesOh ! que pareils à vous nos multiples désirs,Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisirS’entr’aiment, s’exaltent et se reposent !La cueillette, Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,Roses pâles d'amour qui couronnent ta tête,S'effeuillent chaque été ?Leurs tiges vont plier au grand vent qui s'élève.Des pétales de rose ont chu dans le chemin.Ô Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêveSe faneront demain !Mets-les dans une coupe et toutes portes doses,Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,Nous verrons l'agonie amoureuse des rosesAux râles de parfums. Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,Les papillons de jour vers d'autres fleurs ont fui,Et seuls dorénavant viendront au jardin tristeLes papillons de nuit.Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.Belle, sanglote un peu... Chaque fleur qui se fane,C'est un amour qui meurt !
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Nevermore, Paul Verlaine - XLV, Tristan Derème

Nevermore, Paul Verlaine Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automneFaisait voler la grive à travers l’air atone,Et le soleil dardait un rayon monotoneSur le bois jaunissant où la bise détone.Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.Un sourire discret lui donna la réplique,Et je baisai sa main blanche, dévotement.– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !Et qu’il bruit avec un murmure charmantLe premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées ! XLV, Tristan Derème La porte du jardin donne sur la ruelleEt c’est là qu’un beau soir elle est apparue, elleDe qui l’amour est clair, comme l’aube et l’azur.Elle m’attend. Le chat s’étire sur le mur.Elle m’attend. C’est le village après le steppe.Son sourire est léger comme une aile de guêpe.Elle m’attend sous la tonnelle de roseaux.Mon cœur est une cage où chantent mille oiseaux.Elle m’attend, elle regarde la pendule.J’arriverai dans la tiédeur du crépuscule,Et quand je la verrai me tendre les deux mains,Les roses de juillet pleuvront sur les chemins.
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Romance, Jean Pellerin

Romance, Jean Pellerin
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Laisse-moi, Gérard de Nerval

Non, laisse-moi, je t'en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Ne vois-tu pas, à ma tristesse,Que mon front pâle et sans jeunesseNe doit plus sourire au bonheur ?Quand l'hiver aux froides haleinesDes fleurs qui brillent dans nos plainesGlace le sein épanoui,Qui peut rendre à la feuille morteSes parfums que la brise emporteEt son éclat évanoui !Oh ! si je t'avais rencontréeAlors que mon âme enivréePalpitait de vie et d'amours,Avec quel transport, quel délireJ'aurais accueilli ton sourireDont le charme eût nourri mes jours.Mais à présent, Ô jeune fille !Ton regard, c'est l'astre qui brilleAux yeux troublés des matelots,Dont la barque en proie au naufrage,A l'instant où cesse l'orageSe brise et s'enfuit sous les flots.Non, laisse-moi, je t'en supplie ;En vain, si jeune et si jolie,Tu voudrais ranimer mon coeur :Sur ce front pâle et sans jeunesseNe vois-tu pas que la tristesseA banni l'espoir du bonheur ?
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Un amour de lumière, Pierre Perrin

J’aurais tant voulu vivre un amour de lumièreEt combler une femme à la fois mon amanteEt ma mère, avec qui, le jour, la nuit, liésTout n’eût été qu’espoir, partage et démesure.Cette femme, un matin, est entrée dans ma vie.Elle a souri, m’a pris la main, m’a entraînéSur ses pas, dans un lit, vers son âme avec grâce.Par son corps et son rire, elle était l’avenir.Naturelle, attentive, ingénieuse et secrète,Elle se livrait nue comme on roule dans l’herbe ;Elle ouvrait le mystère, agrandissait le temps.Pourquoi tout a croulé ? Pourquoi a-t-il falluQue le bonheur explose, et revienne l’absence ?Qui gouverne la vie sinon, partout la mort ?
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Lorsque nous serons enfin des enfants, Jean Malrieu

Lorsque nous serons enfin des enfants, nousnous dirons toutJusqu'au frisson, lézard qui vit de peu dansla chaleur.Très tard, dans la cuisine, la vaisselle faite,L'argenterie prise dans le tiroir comme lasource dans le gelNous voyagerons en regardant de vieilles cartespostalesDans des villes que n'habite pas encore lamémoire.Sur la table, avec les trésors renversés desboîtes et des armoires,A partir de boutons dépareillés,Nous inventerons ce que furent nos habitsde gloire et de fumée.Ainsi, se souvenant de notre âge futur,Viendra vers nous l'amour qui s'appelle Toujours.Il habite au jardin de notre destinée.Sa main descend le temps qui nous a oubliésEt découvre la vie noyée dans la lumière.
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Notre Europe, André Pieyre de Mandiargues

Première soirée, Arthur Rimbaud Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.Assise sur ma grande chaise,Mi-nue, elle joignait les mains.Sur le plancher frissonnaient d’aiseSes petits pieds si fins, si fins.Je regardai, couleur de cireUn petit rayon buissonnierPapillonner dans son sourireEt sur son sein, – mouche au rosier.Je baisai ses fines chevilles.Elle eut un doux rire brutalQui s’égrenait en claires trilles,Un joli rire de cristal.Les petits pieds sous la chemiseSe sauvèrent : « Veux-tu finir ! »La première audace permise,Le rire feignait de punir !Pauvrets palpitants sous ma lèvre,Je baisai doucement ses yeux :Elle jeta sa tête mièvreEn arrière : « Oh ! c’est encor mieux !Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »Je lui jetai le reste au seinDans un baiser, qui la fit rireD’un bon rire qui voulait bien…Elle était fort déshabilléeEt de grands arbres indiscretsAux vitres jetaient leur feuilléeMalinement, tout près, tout près.
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L'amour ressemble, Marguerite de France - La belle Crépusculaire, Tristan L'Hermite

L'amour ressemble La paille est la douceur d'un vain contentement,Mais le vent la dérobe aussitôt qu'elle est née;Le chardon, la rigueur d'une Dame obstinée;Et la grâce est le grain qu'on recueille en l'aimant. L'amant ne peut gagner, pour service qu'il fasse,Un point d'honneur plus haut qu'être en la bonne grâceD'une Dame accomplie, objet de sa langueur. La grâce vient du coeur, et toute autre espéranceS'éloigne du devoir d'honnête récompense.Que désire-t-on plus en amour que le coeur? La belle Crépusculaire Sur la fin de son cours le Soleil sommeillaitEt déjà ses coursiers abordaient la marine,Quand Élise passa dans un char qui brillaitDe la seule splendeur de sa beauté divine.Mille appas éclatants qui font un nouveau jourEt qui sont couronnés d'une grâce immortelle,Les rayons de la gloire et les feux de l'amourÉblouissaient la vue et brûlaient avec elle.Je regardais coucher le bel astre des cieux,Lorsque ce grand éclat me vint frapper les yeux,Et de cet accident ma raison fut surprise.Mon désordre fut grand, je ne le cèle pas.Voyant baisser le jour et rencontrant Élise,Je crus que le Soleil revenait sur ses pas.
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A son altesse royale, Madame la princesse de Suède, Voltaire

Souvent la plus belle princesse Languit dans l'âge du bonheur; L'étiquette de la grandeur, Quand rien n'occupe et n'intéresse. Laisse un vide afTreux dans le cœur. Souvent même un grand roi s'étonne. Entouré de sujets soumis, Que tout l'éclat de sa couronne Jamais en secret ne lui donne Ce bonheur qu'elle avait promis. On croirait que le jeu console ; Mais l'Ennui vient à pas comptés,A la table d'un cavagnole. S'asseoir entre des majestés
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Premier sourire de printemps, Théophile Gautier

Tandis qu’à leurs œuvres perversesLes hommes courent haletants,Mars qui rit, malgré les averses,Prépare en secret le printemps.Pour les petites pâquerettes,Sournoisement lorsque tout dort,II repasse des collerettesEt cisèle des boutons-d’or.Dans le verger et dans la vigne,II s’en va, furtif perruquier,Avec une houppe de cygne,Poudrer à frimas l’amandier.La nature au lit se repose ;Lui, descend au jardin désertEt lace les boutons de roseDans leur corset de velours vert.Tout en composant des solfègesQu’aux merles il siffle à mi-voix,II sème aux prés les perce-neigeEt les violettes au bois.Sur le cresson de la fontaineOù le cerf boit, l’oreille au guet,De sa main cachée il égrèneLes grelots d’argent du muguet.Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,II met la fraise au teint vermeil,Et te tresse un chapeau de feuillesPour te garantir du soleil.Puis, lorsque sa besogne est faite,Et que son règne va finir,Au seuil d’avril tournant la tête,II dit : « Printemps, tu peux venir ! »Théophile Gautier (1811-1872)
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Dans la rue des Blancs-Manteaux, Jean-Paul Sartre - Vous N'écrivez Plus, Max Jacob

Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxIls ont élevé des tréteauxEt mis du son dans un seauEt c’était un échafaudDans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxLe bourreau s’est levé tôtC’est qu’il avait du boulotFaut qu’il coupe des générauxDes évêques, des amiraux,Dans la rue des Blancs-ManteauxDans la rue des Blancs-ManteauxSont venues des dames comme il fautAvec de beaux affûtiauxMais la tête leur faisait défautElle avait roulé de son hautLa tête avec le chapeauDans le ruisseau des Blancs-Manteaux
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La voie lactée, René-François Sully Prudhomme

Aux étoiles j'ai dit un soir :« Vous ne paraissez pas heureuses ;Vos lueurs, dans l'infini noir,Ont des tendresses douloureuses ;« Et je crois voir au firmamentUn deuil blanc mené par des viergesQui portent d'innombrables ciergesEt se suivent languissamment.« Êtes-vous toujours en prière ?Êtes-vous des astres blessés ?Car ce sont des pleurs de lumière,Non des rayons, que vous versez.« Vous, les étoiles, les aïeulesDes créatures et des dieux,Vous avez des pleurs dans les yeux... »Elles m'ont dit : « Nous sommes seules...« Chacune de nous est très loinDes sœurs dont tu la crois voisine ;Sa clarté caressante et fineDans sa patrie est sans témoin ;« Et l'intime ardeur de ses flammesExpire aux cieux indifférents. »Je leur ai dit : « Je vous comprends !Car vous ressemblez à des âmes :« Ainsi que vous, chacune luitLoin des sœurs qui semblent près d'elle,Et la solitaire immortelleBrûle en silence dans la nuit. »
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No es el fin del mundo, por El Orden Mundial El podcast semanal de El Orden Mundial (EOM) para entender qué pasa en el mundo. Análisis, contexto y matices sobre la realidad internacional. Porque estar al día de qué pasa más allá de nuestras fronteras no debería ser ni complicado ni aburrido. Síguenos en redes en @elordenmundial y descubre nuestro contenido en https://elordenmundial.com/ Producido por The Voice Village. Updated
Solo Documental "AQUELLOS QUE OLVIDAN SU HISTORIA ESTÁN CONDENADOS A REPETIRLA" Un "Me Gusta" o tu comentario nos dan fuerzas para seguir adelante. "De conformidad con el Título 17 USC Sección 107, el material de este sitio se distribuye sin costo a aquellos que han expresado un previo interés en recibir la información incluida para propósitos educativos y de investigación." Updated
ESPURNA Entrevistas sobre ciencia, tecnología, amor, lenguaje, historia, cultura, geoestrategia y las repercusiones de todo ello en el mundo del futuro. Con Jordi Llátzer @jordillatzer. Canal de YOUTUBE: https://www.youtube.com/channel/UCSQJX9lm4u92bx0XGpEIUiA TWITCH: https://www.twitch.tv/jordillatzer Updated
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